Thèse Surveillance des Pfas Production et Usages des Données Environnementales et Sanitaires à l'Épreuve de la Gouvernance Territoriale. le Cas du Bassin de l'Oise H/F - Doctorat.Gouv.Fr
- CDD
- Doctorat.Gouv.Fr
Les missions du poste
Établissement : Université de Technologie de Compiègne École doctorale : Sciences pour l'ingénieur Laboratoire de recherche : Modélisation multi-échelle des systèmes urbains Direction de la thèse : Fabrice LOCMENT Début de la thèse : 2026-10-01 Date limite de candidature : 2026-06-25T23:59:59 La surveillance des substances per et polyfluoroalkylées (PFAs) constitue aujourd'hui un enjeu majeur de santé publique et de protection de l'environnement. Les évolutions récentes du cadre réglementaire européen ont conduit à renforcer les dispositifs de surveillance des masses d'eau et à intégrer de nouveaux PFAs dans les programmes de contrôle des masses d'eau et des eaux destinées à la consommation humaine (EDCH). Toutefois, la diversité des composés concernés, les limites des méthodes analytiques actuelles et les incertitudes relatives à leurs effets environnementaux et sanitaires soulèvent d'importants défis scientifiques et opérationnels. Cette thèse analysera la surveillance des PFAs à partir des dispositifs techniques et organisationnels qui la structurent. Elle s'intéressera aux conditions de production, de circulation, de validation et d'utilisation des données environnementales et sanitaires mobilisées dans la gestion de ces polluants. L'objectif est de caractériser les chaînes sociotechniques à l'oeuvre dans cette surveillance (associant laboratoires, ARS, collectivités territoriales, industriels et opérateurs de l'eau, etc.) ainsi que les modalités de coordination et de décision qui permettent la prise en charge territoriale du problème des PFAs. Adossée à un projet interdisciplinaire associant sciences analytiques et sciences humaines et sociales, la recherche examinera plus particulièrement la capacité des dispositifs de surveillance existants à intégrer de nouvelles méthodes de détection développées dans le cadre d'une thèse complémentaire en chimie analytique. À partir du cas du bassin de l'Oise, elle visera à identifier les conditions techniques, organisationnelles, réglementaires et politiques favorisant ou limitant l'appropriation de ces innovations. La thèse contribuera ainsi à une meilleure compréhension des relations entre innovation scientifique, production de connaissances environnementales et action publique territoriale. La surveillance environnementale des polluants chimiques s'inscrit dans un cadre réglementaire européen progressivement renforcé depuis l'adoption de la directive-cadre sur l'eau (DCE) de 2000, qui établit la notion de « bon état » des eaux superficielles et souterraines et impose aux États membres la mise en place de programmes de surveillance à l'échelle des bassins hydrographiques. Ces obligations ont été précisées au fil du temps, notamment concernant les modalités de contrôle et d'évaluation de l'état des masses d'eau. L'émergence des substances per-et-polyfluoroalkylées (PFAs) comme enjeu environnemental et sanitaire majeur a conduit à une nouvelle évolution du cadre réglementaire. La directive européenne relative à la qualité des eaux destinées à la consommation humaine de 2020 a introduit des exigences spécifiques de surveillance fondées sur une liste de PFAs assortie de valeurs maximales de concentration. Cette évolution a contribué à la révision des programmes de surveillance des masses d'eau et à l'intégration progressive de nouveaux PFAs dans les dispositifs de contrôle environnemental et sanitaire.
Toutefois, la surveillance réglementaire des PFAs se heurte aujourd'hui à plusieurs limites scientifiques et techniques. La très grande diversité de ces composés, qui se compte en plusieurs milliers de substances, dépasse largement les listes actuellement suivies dans les dispositifs réglementaires. Par ailleurs, leurs transformations dans l'environnement, leurs processus de dégradation ou de métabolisation, ainsi que la complexité des matrices analysées rendent leur détection et leur caractérisation particulièrement difficiles. Ces limites affectent la capacité à évaluer les niveaux de contamination, les voies d'exposition et les risques associés pour l'environnement et la santé humaine (Lions et al., 2023). Ces difficultés soulèvent également des enjeux économiques et organisationnels. Le renforcement des obligations de surveillance implique des investissements croissants pour les acteurs impliqués (collectivités territoriales, les opérateurs de l'eau, ARS, agences de l'eau, industriels, etc.) tant pour la production de données que pour la mise en oeuvre éventuelle de mesures correctives. Dans ce contexte, la qualité, la robustesse, l'exploitation et la valorisation des données produites constituent des enjeux stratégiques pour orienter les décisions publiques et les investissements associés à la prise en charge environnementale et sanitaire des PFAs.
Face à ces défis, le rapport de l'Académie des sciences consacré aux PFAs (Chaudret et al., 2025) souligne la nécessité de renforcer les efforts de recherche dédiés à leur détection et à leur caractérisation. Le développement de nouvelles approches analytiques apparaît ainsi comme une condition essentielle à l'amélioration des connaissances disponibles et à une gestion plus efficace de ces polluants.
La présente thèse s'inscrit dans le projet interdisciplinaire TWIN 2026 « Surveiller les PFAs : articuler innovation analytique et action publique », porté conjointement par l'UMR 7028 Génie Enzymatique et Cellulaire (GEC) et le laboratoire AVENUES. Ce projet repose sur deux thèses complémentaires.
La première, en sciences pour l'ingénieur, vise à développer une méthodologie innovante de détection et d'identification des PFAs dans des matrices environnementales et biologiques, permettant d'élargir le spectre des substances détectables et de produire des données plus complètes que celles issues des approches réglementaires actuelles.
La seconde, objet du présent projet doctoral, s'intéresse aux conditions concrètes de surveillance environnementale et sanitaire des PFAs. Elle analysera les dispositifs techniques et organisationnels mobilisés pour produire, faire circuler, valider et utiliser les données relatives aux PFAs, ainsi que les modalités de coordination entre les différents acteurs impliqués dans leur surveillance. L'objectif est de comprendre dans quelle mesure les dispositifs de surveillance existants sont susceptibles d'intégrer les innovations analytiques en cours de développement et de contribuer ainsi à une meilleure prise en charge territoriale du problème environnemental et sanitaire posé par les PFAs.
Le profil recherché
Le poste est ouvert à des candidat.e.s disposant d'une formation dans l'un ou plusieurs de ces
domaines :
- géographie, aménagement, urbanisme
- sociologie des organisations,
- sociologie des sciences et des techniques
- sciences politiques.
Une double culture en ingénierie et sciences humaines et sociales dans un ou plusieurs des domaines
décrits ci-dessus sera appréciée.
Cette thèse impliquera une grande autonomie du/de le/la futur.e doctorant.e. Il/elle sera amené.e à travailler en groupe et à intégrer un collectif de recherche pluridisciplinaire (chimie, biologie, intelligence artificielle, géographie, urbanisme, aménagement, hydrologie) déjà constitué autour de programmes de recherche en cours portant sur la caractérisation de la contamination aux PFAs et les vulnérabilités socio-spatiales et sanitaires associées.
Compétences requises
- Autonomie
- Géographie