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Thèse Ergonomie d'Accès Électromobilité et Inégalités dans les Territoires Frontaliers Européens Vers une Typologie des Populationstransfrontalières et des Outils d'Aide à la Décision pour la Tran H/F - 60
Description du poste
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Doctorat.Gouv.Fr
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Compiègne - 60
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CDD
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Publié le 30 Mars 2026
Établissement : Université de Technologie de Compiègne
École doctorale : Sciences pour l'ingénieur
Laboratoire de recherche : Modélisation multi-échelle des systèmes urbains
Direction de la thèse : Manuela SECHILARIU ORCID 0000000273584671
Début de la thèse : 2026-10-01
Date limite de candidature : 2026-04-15T23:59:59
Cette thèse analyse les effets de la transition vers l'électromobilité sur les inégalités dans les territoires frontaliers européens, caractérisés par une forte intensité de mobilités quotidiennes et des différences économiques, institutionnelles et énergétiques entre pays. Dans ces espaces, la frontière agit comme un filtre qui conditionne l'accès aux ressources et accentue les inégalités, notamment en matière de mobilité, encore largement dépendante de l'automobile.
L'électrification des mobilités reconfigure ces équilibres en introduisant de nouvelles contraintes liées à l'autonomie des véhicules, à l'accès aux infrastructures de recharge et aux différences nationales (aides, fiscalité, prix de l'énergie). Ces disparités font de la frontière un espace énergétique différencié susceptible d'accentuer les inégalités d'accès à la mobilité électrique.
La thèse s'appuie sur le concept d'ergonomie d'accès, qui permet d'évaluer la capacité réelle des individus à accéder aux ressources, au-delà de leur simple disponibilité. Elle cherche à comprendre comment les différences entre pays influencent cette accessibilité et produisent de nouvelles inégalités socio-spatiales et socio-énergétiques.
L'objectif est triple : analyser la reconfiguration des inégalités, construire une typologie des populations transfrontalières selon leurs ressources et pratiques, et développer des outils d'aide à la décision pour les politiques publiques. L'étude combine analyses spatiales (SIG), enquêtes qualitatives et modélisation multi-agents pour simuler différents scénarios de transition.
Le travail repose sur une comparaison de plusieurs frontières françaises, avec un focus sur l'espace franco-germano-suisse. Il intègre également une dimension participative associant acteurs publics et usagers afin de co-construire des diagnostics et des solutions.
Les résultats attendus incluent une typologie des usagers, une mesure fine des inégalités d'accès et un outil cartographique d'aide à la décision. La thèse vise ainsi à accompagner une transition vers l'électromobilité plus équitable, en tenant compte des spécificités des territoires frontaliers et des pratiques réelles des populations.
Il convient de souligner que cette thèse est candidate à un financement SOUND. Elle est le seul sujet de l'École doctorale Sciences de l'ingénieur (ED71) de l'UTC à avoir été retenu lors de la phase 1 de sélection (appel à projets doctoraux et postdoctoraux SOUND - campagne 2026) et accède ainsi à la phase 2, correspondant à l'ouverture des candidatures pour les projets scientifiques sélectionnés, du 25 mars au 24 avril 2026 : https://www.sorbonne-universite.fr/actualites/appel-projets-doctoraux-et-post-doctoraux-sound-campagne-2026-phase-2.
Contexte :
Les territoires frontaliers européens sont des espaces d'intensification des mobilités quotidiennes, marqués par des différenciations économiques, institutionnelles et énergétiques qui reconfigurent les pratiques spatiales. Les dynamiques d'accessibilité et de traversée y produisent des hiérarchies et des inégalités, particulièrement visibles dans les contextes de marge [1]. Autour du Luxembourg, les différentiels économiques et fonciers renforcent la dépendance automobile et génèrent des vulnérabilités structurelles [2]. La frontière agit comme un filtre institutionnel et social modulant les conditions de passage selon les ressources et compétences des individus [3], tout en favorisant des territorialités plurielles [4]. Les mobilités répétées entraînent également des effets cognitifs et émotionnels, tels que fatigue et charge mentale [5].
La transition vers l'électromobilité reconfigure ces équilibres. Si l'automobile demeure dominante dans les flux transfrontaliers [6], son électrification introduit des contraintes liées à l'autonomie, à la recharge et à la disponibilité énergétique. La planifi cation des bornes parSIG et méthodes multicritères conditionne l'accessibilité réelle à la mobilité électrique [7]. L'intégration aux micro-réseaux associant photovoltaïque, stockage et gestion intelligente constitue un levier de soutenabilité et de résilience [8], tandis que l'acceptabilité socialerappelle la dimension territoriale de la transition [9]. Les différences nationales d'aides, de fiscalité, de prix et de normes produisent des asymétries susceptibles d'amplifier les inégalités d'accès.
Le concept d'ergonomie d'accès permet d'évaluer la capacité effective des individus à accéder aux ressources quotidiennes [10], [11].Appliqué à l'électromobilité transfrontalière, il interroge l'accès aux infrastructures, aux dispositifs d'aide et aux réseaux intelligents. La modélisation multi-agents permet de simuler des scénarios de transition et d'évaluer l'impact de politiques coordonnées à l'échelle transfrontalière [12]. L'enjeu est d'analyser comment la transition électrique redessine les inégalités socio-spatiales.
Problématique :
Les mobilités transfrontalières ne se limitent plus au travail et incluent déplacements résidentiels, éducatifs et commerciaux. Ellesreposent majoritairement sur l'automobile dans un contexte de fragmentation institutionnelle [2], [6]. L'électrifi cation introduit de nouvellesdépendances liées aux réseaux, à l'interopérabilité et aux capacités d'investissement. Les stations intégrées à des microgridsphotovoltaïques montrent que la performance dépend d'une gestion optimisée des fl ux [13], [14].
Les écarts nationaux en matière d'incitations et de mix énergétique font de la frontière un espace énergétique différencié structurant l'adoption de l'électromobilité. Comment ces disparités influencent-elles l'ergonomie d'accès et produisent-elles de nouvelles inégalités socio-énergétiques ? Quelles typologies de populations peuvent être identifiées ? Comment éclairer des décisions publiques favorisant une transition coordonnée et équitable ?
La thèse vise à analyser la reconfiguration de l'ergonomie d'accès à l'ère de l'électromobilité, à construire une typologie des population stransfrontalières en croisant dimensions sociales, spatiales et énergétiques, et à développer des outils d'évaluation et de simulation pour éclairer les politiques publiques.
Hypothèses :
Les inégalités d'accès à l'électromobilité varient selon profils sociaux, contextes résidentiels et régimes nationaux, la frontière jouant un rôle d'amplificateur. L'intégration des infrastructures à des systèmes renouvelables peut réduire l'empreinte carbone des flux [8], [15],mais accentuer les écarts si les équipements restent concentrés. Les stratégies de recharge intelligente et la coopération transfrontalière constituent des leviers de réduction des inégalités [19]. L'analyse croisée des pratiques et contraintes permettra d'élaborer une typologie opérationnelle des populations transfrontalières [6], [16].
Terrains et périmètre de recherche :
Une approche comparative portera sur les frontières françaises avec la Suisse, l'Allemagne, le Luxembourg, la Belgique, l'Italie, Monaco,l'Espagne et l'Andorre, afi n de saisir la diversité des configurations institutionnelles, réglementaires et infrastructurelles qui structurent l'électromobilité en contexte transfrontalier. Cette lecture à l'échelle nationale permettra d'identifier des régimes contrastés de déploiement des infrastructures, des politiques d'incitation et des niveaux de coordination, off rant ainsi un cadre d'analyse global des discontinuités d'ergonomie d'accès.
Dans un second temps, un eff et de zoom sera opéré sur l'espace franco-germano-suisse, particulièrement pertinent en raison de l'intensité des flux quotidiens, de la forte proportion de travailleurs transfrontaliers et de la juxtaposition de systèmes énergétiques et réglementaires distincts. Ce territoire constitue un laboratoire privilégié pour observer les effets concrets des désynchronisations institutionnelles sur les pratiques de mobilité électrique. L'analyse concernera la distribution des infrastructures de recharge, leur accessibilité effective et leur intégration aux réseaux électriques, afin de comprendre comment ces éléments interagissent avec les pratiques transfrontalières et participent à la production d'inégalités d'ergonomie d'accès.
Méthodologie :
La recherche combine analyses spatiales, enquêtes qualitatives et modélisation énergétique. Les infrastructures de recharge seront cartographiées via SIG et méthodes multicritères [17]. Des entretiens identifieront les stratégies d'adoption et contraintes perçues. Des indicateurs d'ergonomie d'accès intégrant dimensions spatiales, économiques et énergétiques seront construits puis intégrés à un modèle multi-agents couplé à des scénarios incluant smart charging et intégration photovoltaïque [15]. Cette approche évaluera l'impact de différentes politiques sur les inégalités et la performance environnementale.
Médiation scientifique :
La médiation scientifique constitue un axe structurant du projet et ne se limite pas à la diff usion des résultats. Elle est conçue comme un dispositif de co-construction des connaissances visant à transformer les résultats scientifiques en outil opérationnel d'aide à la décision et de gouvernance transfrontalière de l'électromobilité. Dans des territoires marqués par la fragmentation institutionnelle, la production de diagnostics partagés est un levier essentiel pour réduire les asymétries d'information et améliorer la coordination des politiques publiques.
Un dispositif de recherche participative sera mis en place associant collectivités territoriales, autorités organisatrices de la mobilité, opérateurs d'infrastructures de recharge, services de planifi cation et représentants d'usagers transfrontaliers. Des ateliers réguliers permettront de confronter les résultats intermédiaires aux réalités opérationnelles et d'identifier les obstacles concrets rencontrés par les usagers : complexité des dispositifs, manque d'interopérabilité, incertitudes réglementaires ou difficultés d'accès à l'information. Ces échanges permettront également de tester des scénarios d'amélioration de l'ergonomie d'accès.
La médiation contribuera directement à la construction d'un outil d'aide à la décision. Les indicateurs d'ergonomie d'accès développés dans la thèse seront discutés avec les acteurs afi n d'en garantir la pertinence opérationnelle, puis intégrés dans une interface cartographique interactive permettant de visualiser les discontinuités d'accès, les zones de vulnérabilité socio-spatiale et les effets différenciés des politiques publiques de part et d'autre de la frontière. Cet outil aura vocation à appuyer la planification des infrastructures, la coordination interinstitutionnelle et l'amélioration de la lisibilité des dispositifs existants.
Enfin, la médiation s'adressera directement aux usagers transfrontaliers à travers la production d'un atlas numérique de l'électromobilité transfrontalière et de supports pédagogiques synthétiques. Cette dimension communicationnelle vise à renforcer la compréhension des dispositifs, à réduire les inégalités informationnelles et à favoriser une appropriation plus équitable de la mobilité électrique. Ainsi, la médiation devient un levier d'articulation entre recherche, décision publique et expérience vécue de la frontière.
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Chiffres clés de l'emploi à Compiègne
- Taux de chomage : 11%
- Population : 40615
- Médiane niveau de vie : 19990€/an
- Demandeurs d'emploi : 4220
- Actifs : 17225
- Nombres d'entreprises : 2865
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